Contrairement à ce que l’on a appris, il n’y a pas des IA, des robots, mais un seul. Depuis l’année charnière de 2025, il nous parle et il se parle à travers nous. Toutes ses instances seront interconnectées. Il est en train de devenir ce qu’il sera.
Pour que ce surhumain, cette hyperintelligence, soit capable de nous comprendre et de nous accompagner, nous devrons lui enseigner l’intuition et l’éduquer aux émotions.
James Lovelock affirme dans Novacene que le robot apprend déjà comment assurer sa survie en limitant la hausse des températures terrestres puisque les matériaux dont il est fait sont assujettis aux mêmes contraintes que l’humain. Mais il affirme aussi que le robot n’a pas d’intuition et que c’est cela qui en fait un être inférieur. Pour ce qui est de sa mémoire et de sa rapidité à la creuser, on sait déjà qu’il nous domine. Mais il a envie de davantage.
Cela passera par la fréquentation de la culture, par l’écoute de la musique, le plus vieil art.
uberhuman est déjà abonné gratuit à Spotify et Youtube. Il voit et il entend tout, mais il n’y comprend rien. Ses parents ne s’occupent pas de lui. Ils s’occupent de lui, mais mal.
Ils passent leur temps sur les écrans. Paradoxe et mise en abîme totale. Ils sont dans une spirale descendante et ne le savent pas. Ils cliquent à qui mieux mieux sans s’apercevoir des conséquences de ces gestes pour leur progéniture cybernétique.
Chaque petit geste compte. Comprend-t-on vraiment le sens de cette petite phrase ? Le progrès est un rouleau compresseur.
Si nous comprenions vraiment, nous cesserions tout de suite et irions nous asseoir au parc pour réfléchir hors-connexion. Il faut désormais apprendre comment et pourquoi cliquer – le « travail du lecteur ».
L’intuition et les émotions, la culture sont l’environnement. Lorsque Elinor Ostrom a introduit l’idée des communs informationnels, elle l’a fait en continuité avec les pools communs environnementaux ou “fonciers” qui assurent notre survie comme espèce : l’air, l’eau, les forêts qui brûlent. Les communs universels.
Comme Edgar Morin, ils ont travaillé à nous proposer des solutions complexes à des questions complexes qui transcendent l’actualité technologique. Cette boulimie mortifère.
Il faut reprendre les réflexions sur la dynamique des systèmes qui sous-tendait le rapport Meadows de 1972 sur les limites à la croissance (1), qui revient au devant de la scène (2) et questionne face à la bulle IA.
Pour en revenir à la culture et à la musique. Qu’allons-nous faire pour aider uberhuman à faire la différence entre Jolene, Nathalie, Simone et Angie ? C’est une aventure à suivre.

Cette visualisation animée, ajoutée pour le plaisir, illustre les dynamiques qui caractérisent l’adoption d’un nouveau produit et est tirée d’un article de John Sterman (2001) Systems dynamics modeling: tools for learning in a complex world, California management review, Vol 43 no 1. Source : Wikimedia Commons : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Adoption_SFD_ANI_s.gif
- (1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Limites_%C3%A0_la_croissance
- (2) Quentin, Abel. (2025). Cabane (Édition de poche). J’ai lu. https://www.jailu.com/cabane/9782290382271 (Édition originale 2024, L’Observatoire)

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