L’ami Edgar nous a quittés. Avec lui, l’expression “il reste avec nous” prend un sens inédit, porteur d’espoir.
crédit photo : Pierre Wetzel
Il aura ainsi écrit une centaine de livres, traduits en plus de 30 langues. Sa méthode de la méthode et sa théorie de la pensée complexe devront maintenant être mobilisées sans ménagement pour honorer sa vision de l’humanité et du monde !
La plus grande contribution de Morin est probablement son engagement militant pour une véritable interdisciplinarité. C’est ce que je retiens. Son combat avait pour but de briser les silos entre les disciplines au même titre que nous promouvons en ce moment la fin des silos de données privées dans les univers numériques.
Les trois principes qui devraient guider les organisations complexes chez Morin sont un puits d’inspiration sans limites et il faut tâcher de les comprendre et de les appliquer : le dialogue, la récursivité et l’hologrammatique.
La vision holistique des choses est bien à la mode. Morin va plus loin. On a beau vouloir considérer l’ensemble des variables face à un problème, il ne faut jamais oublier les parties de cet ensemble. C’est ça l’approche hologrammatique.
Hologrammatique : présent dans la monde biologique mais aussi sociologique – la partie est dans le tout et le tout est dans la partie. Il s’oppose à la simplicité (disjonction) et au réductionnisme, qui cherche à isoler une variable unifiée pour expliquer le tout et à l’holisme qui néglige l’importance déterminante pour le tout de chaque variable. Chaque décision concernant un paramètre spécifique se répercute sur l’ensemble qui se répercute sur chacun des paramètres de la santé de l’écosystème organisationnel. Interdépendance du micro et du macro.
Si nous voulons nous assurer d’un usage humain, éthique et éco-sensible de l’intelligence artificielle, nous devons en énoncer les principes philosophiques et juridiques ET nous devons nous doter des outils, des normes et du code informatique pour les faire appliquer.
À suivre…
Dans un hologramme physique, le moindre point de l’image de l’hologramme contient la quasi-totalité de l’information de l’objet représenté. Non seulement la partie est dans le tout mais le tout est dans la partie.
Morin, E. (2005). Introduction à la pensée complexe. Éditions du Seuil, page 100.


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