Mon année 2026 débute par le lancement d’un projet de recherche de maîtrise en science politique qui consiste à tester la résolution du problème complexe de découvrabilité numérique par la constitution d’un régime et d’une plateforme de gouvernance collaborative. Il s’agit de créer et d’administrer un commun de métadonnées permettant le partage d’une documentation enrichie. 

Depuis la tentative de mise en place par la Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et de Compositeurs (CISAC) de la Global Répertoire Database (GRD), l’industrie de l’enregistrement sonore s’entend pour déplorer la mauvaise qualité des métadonnées descriptives et administratives des artefacts culturels de son secteur, soit les fichiers de musique numérisée (Bisaillon 2013, 2022, 2024; Butler 2012). Cette faiblesse des informations contextuelles de la musique se répercute encore aujourd’hui sur le paiement des redevances aux artistes et sur ce qu’il est désormais convenu d’appeler la découvrabilité. Tel que révélé par le Sommet de la découvrabilité (CRTC 2016), l’offre sur les plateformes de streaming par abonnement croît à une vitesse exponentielle et pose des enjeux de recommandation. Nous comprenons actuellement que la recommandation algorithmique et par intelligence artificielle repose sur une documentation permettant l’entraînement adéquat des larges modèles de langage (LLM). 

Récemment, certaines fonctionnalités introduites par la plateforme Deezer favorisent une plus grande agentivité de ses abonnés eu égard à la découverte de contenus. Des outils mis à disposition des artistes et producteurs d’enregistrement sonores, notamment par MétaMusique au Canada, offrent des solutions aux défis de documentation des objets et artefacts numériques. En complémentarité, nous voyons des États adopter des mesures régulatoires contraignantes ou incitatives pour favoriser la découvrabilité.  C’est le cas des lois C-11 au Canada et 109 au Québec. 

Je formule l’hypothèse que seule une gouvernance collaborative des acteurs et actants parviendra à terme, à créer un éco-système culturel numérique durable (Ansell et Gash 2007, 2018; Emerson et Nabatchi 2015; Akrich, Callon, et Latour 2006; Callon et Ferrary 2006; Callon, Lascoumes, et Barthe 2001; Bijker et Law 1992). Mon hypothèse repose sur les théories de la pensée complexe (Morin 1986, 2005, 2024) et des communs de la connaissance (Ostrom et al. 2008; Ostrom et Coriat 2020) permettant de constituer et de maintenir un commun de métadonnées documentaires enrichies mobilisable au bénéfice de toutes les parties prenantes. 

Références : https://www.zotero.org/groups/2165362/laticce/collections/V29T3CUY/collection 

Elinor Ostrom © Holger Motzkau 2010 / Wikipedia/Wikimedia Commons

No responses yet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *